La collecte organisée au siège du Groupement Les Mousquetaires, avec l’appui d’Ecomaison, marque une première étape visible d’un travail de fond. Derrière cette opération, c’est toute une approche de l’économie circulaire — structurée, progressive et collective — qui se dessine. Entretien avec Céline Ratanavanh, Responsable Pôle Economie Circulaire & Climat.
Comment la stratégie économie circulaire du Groupement Mousquetaires s’articule-t-elle aujourd’hui ?
L’économie circulaire est l’un des 7 combats de la stratégie RSE du Groupement. Elle couvre la réduction, la collecte, la valorisation des déchets et le réemploi.
Le travail avec Ecomaison est important car l’éco-organisme s’adapte à notre organisation spécifique de groupement d’adhérents et à nos process internes, ce qui permet un déploiement opérationnel.
Le Groupement, composé de 7 enseignes*.Comment faire converger autant de points de vente autour d’une vision commune ?
En France, nous comptons plus de 3 000 points de vente, portés par des chefs d’entreprise indépendants. Notre rôle est de vulgariser les réglementations environnementales, de proposer des solutions concrètes, des prestataires référencés et des dispositifs clés en main. Les adhérents restent libres, mais la plupart suivent nos préconisations. Nous leur apportons une expertise technique, des solutions opérationnelles et économiquement viables. L’enjeu est toujours de concilier environnement et économie.
Comment s’organise concrètement la gestion des déchets chez les Mousquetaires ?
Nous avons une entité dédiée, avec un cadre juridique et des agréments spécifiques, qui nous permet de gérer directement une grande partie des flux. Nos camions qui livrent les marchandises collectent les déchets au retour, nous massifierons ensuite sur nos bases logistiques avant de revendre certaines matières (cartons, films plastiques, palettes, etc.). Nous gérons aujourd’hui une vingtaine de typologies de déchets différentes. Cette organisation nous permet de faciliter la mise en place pour les adhérents, via des mandats qui prennent en charge les contenants, la collecte et le traitement.
Comment s’inscrit la collecte de jouets dans cette démarche globale ?
Nous menons régulièrement des actions de sensibilisation au siège : fresque du climat, handicap, formations, événements internes. Cette année, nous avons souhaité organiser une collecte de jouets auprès des collaborateurs du Groupement, en lien avec la filière jouets d’Ecomaison. L’objectif était clair : faire en sorte que les jouets passent en priorité par des associations, afin d’être redistribués à des enfants avant Noël. La dimension solidaire a été déterminante dans l’adhésion.
Comment cette collecte a-t-elle été organisée et reçue ?
Nous avons choisi de l’inscrire dans la durée, sur deux semaines, avec un emplacement dédié. C’est essentiel : une collecte sur une seule journée laisse peu de temps aux personnes pour s’organiser, surtout avec le télétravail. Accompagné des services internes sièges (communication, RH, social, direction qualité RSE), la communication a joué un rôle clé : affiches spécifiques, explication claire de ce que deviennent concrètement les jouets. Le fait de savoir qu’ils seraient redistribués à des enfants a fortement mobilisé.
Quels ont été les résultats ?
51
m³
de jouets collectés, soit l’équivalent de trois camions de 17 m³
Les photos parlent d’elles-mêmes : les camions étaient pleins. Nous avions une appréhension au départ, celle de récupérer surtout des jouets très abîmés. Ce n’a pas été le cas. La grande majorité des jouets étaient en très bon état, parfois même quasi neufs, encore dans leurs boîtes. Les collaborateurs ont réellement joué le jeu. Bravo à tout le monde !
Cette collecte peut-elle faire évoluer la perception du réemploi en interne ?
Oui, mais c’est un processus. Le réemploi reste une notion encore abstraite pour beaucoup. Ce type d’opération permet de l’incarner. Il en faudra d’autres pour ancrer durablement ces réflexes.
3 points clés à retenir pour une collecte réussie
Cadrer pour faciliter – L’appui d’Ecomaison permet de structurer la collecte et de la relier à une filière existante, sans complexifier l’organisation.
Rendre le don concret – Associer clairement la collecte au don à destination d’enfants transforme l’engagement et la qualité des dons.
Penser la collecte comme un dispositif – Durée suffisante, emplacement identifié et message clair donnent le temps d’agir et expliquent l’ampleur de la mobilisation.