Professionnels Ligne Roset : l’éco-conception s’installe au cœur du design

Ligne Roset : l’éco-conception s’installe au cœur du design

Dernière mise à jour le

Temps de lecture 5 min

Entretien avec Alice Viault, Responsable RSE de Ligne Roset. Chez Ligne Roset, la circularité relève d’une histoire longue : celle d’un design pensé pour durer. En lien avec Ecomaison et les travaux de la filière ameublement, la maison de design structure sa démarche d’éco-conception et explore de nouvelles matières pour intégrer ces enjeux au cœur de son développement.

Ligne Roset est adhérent d’Ecomaison et participe à la filière REP ameublement. Comment cette collaboration s’inscrit-elle dans votre démarche ?

Je suis arrivée chez Ligne Roset il y a cinq ans pour prendre en charge la responsabilité RSE, un poste créé par l’entreprise pour structurer ces sujets.

L’engagement de Ligne Roset dans la filière est ancien. Antoine Roset, l’un des directeurs généraux, est impliqué dans la gouvernance d’Ecomaison, ce qui crée naturellement un lien étroit avec l’éco-organisme.

Avec l’arrivée de la loi AGEC et des nouvelles obligations liées à la REP, Ecomaison a joué un rôle important pour accompagner les entreprises de la filière dans la compréhension et la mise en œuvre des textes.

Au-delà de cet appui réglementaire, le lien avec Ecomaison est riche et vivant. Les groupes de travail et les rencontres entre entreprises réunissent des acteurs directement impliqués dans les enjeux de circularité. Ils permettent de confronter les pratiques, partager les retours d’expérience et avancer collectivement sur des sujets parfois complexes.

L’éco-conception devient un enjeu central dans l’ameublement. Comment cette démarche s’est-elle installée chez Ligne Roset ?

La démarche s’est structurée il y a environ un an et demi, avec la formation des équipes à l’analyse de cycle de vie et aux principes de l’éco-conception. Un premier projet mené avec un designer et un client du secteur hôtelier a permis de tester concrètement cette approche.

Cette expérience a servi de point de départ pour sensibiliser plus largement l’entreprise.

La structuration de la démarche s’est ensuite faite à l’échelle de la filière, notamment avec le plan d’éco-conception proposé par Ecomaison, qui a permis de poser un cadre et des objectifs plus précis.

Au-delà de l’appui réglementaire, le lien avec Ecomaison est riche et vivant. Les groupes de travail et les rencontres entre entreprises réunissent des acteurs directement impliqués dans les enjeux de circularité.

Quel rôle ce plan d’éco-conception a-t-il joué pour vous ?

Les entreprises de la filière doivent définir des actions et des objectifs en matière d’éco-conception. Ligne Roset a choisi d’adhérer au plan commun proposé par Ecomaison.

  • Ce cadre propose des indicateurs clairs et a permis de structurer la démarche.
  • L’exercice a également révélé que de nombreuses pratiques existaient déjà. Ligne Roset conçoit des produits durables depuis longtemps et certaines approches étaient déjà présentes, même si elles n’étaient pas toujours formalisées.

Aujourd’hui, ce plan permet surtout de mieux mesurer et suivre les progrès réalisés.

Les matières sont aussi au cœur des transformations du secteur. Comment travaillez-vous sur ces enjeux ?

Plusieurs pistes sont explorées. L’entreprise a notamment travaillé avec son fournisseur pour améliorer l’impact environnemental de la mousse utilisée dans ses canapés. Cette évolution permet aujourd’hui d’éviter environ 400 tonnes d’émissions carbone  par an.

Ligne Roset s’intéresse également à de nouvelles matières, comme certains matériaux recyclés ou biosourcés.

Les Innovation Days sont un rendez-vous phare pour permettre de découvrir de nouveaux matériaux et innovateurs. Je pense notamment à la société Malakio dont la rencontre a conduit au développement d’un bout de canapé mettant à l’honneur l’Istrenn, un nouveau composite rigide, esthétique et durable réalisé à partir de coquillages recyclés : Fragments dessiné par Guillaume Delvigne. Ces événements constituent aussi un outil de veille : les innovations identifiées sont ensuite partagées avec les équipes de conception afin de nourrir leurs réflexions.

Comment voyez-vous évoluer la circularité dans le secteur de l’ameublement ?

L’éco-conception va devenir incontournable, notamment avec l’arrivée de l’affichage environnemental.

Les fabricants devront mieux maîtriser l’impact environnemental de leurs produits : analyse de cycle de vie, choix des matières, réparabilité ou durée de vie.

Mais cette évolution pourrait aussi conduire à redécouvrir des principes plus simples : des matériaux durables, des assemblages démontables, des objets conçus pour durer.

Chez Ligne Roset, cette transformation passe par une stratégie plus large de décarbonation et d’éco-conception des nouvelles collections, mais aussi par l’évolution progressive de certains produits iconiques. Pour la marque, l’enjeu est clair : concevoir des objets capables de traverser le temps, tout en intégrant progressivement les nouvelles exigences de circularité du secteur.

Assemblage de mousses de l’iconique Togo. Ligne Roset a abouti à un impact réduit de ces mousses en lien avec son fournisseur.

Grâce à une chaîne opérationnelle performante, nous garantissons un accès privilégié à des matières recyclées de qualité. Nous aidons nos adhérents à optimiser leur stratégie d’approvisionnement et à valoriser ces ressources via les éco-modulations.