Retenu lors de l’appel à projets 2025 Plastiques et Mousses et partenaire d’Ecomaison, Geneomat travaille à la mise au point d’un nouveau matériau à base de mousses latex recyclées à l’avenir prometteur. Présentation de ce projet innovant avec Thierry Grossetête, fondateur et dirigeant de Geneomat.
Thierry, qu’est-ce que Geneomat ?
Geneomat est un cabinet conseil en R&D et Innovation engagé dans la transition écologique. Nous cherchons à proposer de nouvelles voies de valorisation pour les matériaux et à créer de nouvelles filières de recyclage, via des solutions concrètes et économiquement viables.
Nous réalisons depuis longtemps nos propres recherches, en particulier sur les alliages thermoplastiques/caoutchoucs recyclés. Nous avons notamment beaucoup travaillé sur le recyclage des pneumatiques. Le fait de nous intéresser au recyclage des mousses de latex issues du démantèlement des matelas collectés et traités par Ecomaison a été une évidence.

En quoi consiste votre projet ?
Il vise à mettre au point de nouveaux matériaux intégrant un maximum de ce latex recyclé (20 à 50 %), allié à des polyoléfines (polypropylène ou polyéthylène). Ces dernières sont issues d’objets en plastique provenant également des produits usagés collectés par Ecomaison, comme les jouets.
Nous travaillons donc avec des sources matières 100 % Ecomaison ! L’objectif final est de produire des compounds prêt-à-l’emploi destinés à la plasturgie.
Via des techniques de transformation à chaud – injection, extrusion, roto moulage… – les transformateurs plasturgistes pourront ensuite les utiliser pour fabriquer des produits finis. Tout l’enjeu est de trouver la bonne formulation pour ces compounds, qui réponde aux besoins des clients transformateurs.

Quelles sont les applications potentielles ?
Garde-boue, contours de roues, pare-chocs, pièces moteur pour l’industrie automobile, profilés, canalisations, gaines de protection, joints pour le bâtiment, mais aussi panneaux signalétiques, mobilier extérieur, revêtements de sol amortissants, les voies de valorisation potentielles sont multiples !
Nous ciblons plus particulièrement des applications qui requièrent une bonne absorption des chocs.
Quelles propriétés mécaniques recherchez-vous pour ce matériau ?
- Résistance aux chocs, élasticité, amortissement, flexion… C’est ce qui est demandé par de nombreux industriels, sur de nombreux marchés, et ce que va apporter le latex.
- Pour les pièces plus rigides, nous visons aussi la durabilité des matériaux dans le temps. Des tuyaux destinés à être enfouis sous terre devront par exemple résister aux variations climatiques.
- Nous devons enfin garantir une stabilité aux UV pour permettre une exploitation en conditions extérieures, sans dégradation en surface, changement de couleur ou fissurations, qui pourraient à terme entrainer une altération des propriétés mécaniques.
Quels principaux défis techniques devez-vous relever ?
L’enjeu est double :
- réintégrer une quantité de latex recyclé importante
- et optimiser les formulations pour garantir l’homogénéité et la stabilité des mélanges, en fonction des différentes matrices envisagées.
Cette homogénéité et cette stabilité vont assurer la reproductibilité, permettre une exploitation des compounds dans de bonnes conditions et garantir que les produits finis auront des propriétés mécaniques constantes. La variabilité des lots de latex reçus pouvant avoir un impact sur les aspects de surface et surtout les couleurs, nous devons aussi travailler sur la préparation de la matière, notamment son broyage, trouver les bons additifs… La stabilisation UV est un autre grand défi : c’est un point faible révélé lors des premiers essais de formulation.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Le soutien financer et l’accompagnement d’Ecomaison portent sur deux périodes : une phase de R&D industrielle (2025-2027), puis une phase opérationnelle industrielle (2028-2032).
Nous avons commencé à réaliser des essais en conditions semi-industrielles avec une ligne d’extrusion au sein de l’IMT Nord Europe à Douai. Cela va nous permettre d’accélérer la phase d’industrialisation et de commercialisation avec des partenaires compounders que nous avons pré-identifié. Une fois les formulations abouties, nous devrons aussi réaliser des fiches techniques des compounds et des fiches de données sécurité en adéquation avec les produits cibles et le marché. Et effectuer une analyse de cycle de vie (ACV) des produits pour garantir qu’ils répondent bien aux attentes en termes de transition écologique.
Comment collaborez-vous avec Ecomaison ?
Ecomaison est pleinement à notre écoute. Nous échangeons beaucoup, notamment sur la qualification et les questions de pré-traitement des flux de matières, pour trouver des solutions pour améliorer encore la finesse des mousses de latex et limiter les impuretés qu’elles pourraient contenir. Travailler avec Ecomaison, c’est avoir la garantie d’accéder à des gisements reproductibles et qualitatifs de matières premières secondaires, en vue de leur valorisation. Ce sera primordial en phase d’industrialisation.

« Pour limiter le risque de valorisation énergétique de mousses issues des matelas usagés, il est primordial de développer des débouchés industriels à court terme. Le projet de Geneomat va permettre de diversifier les applications des matières latex recyclées vers l’ameublement, le bâtiment ou l’automobile. Geneomat est le seul à travailler les matériaux dits “thermoplastique-élastomères“ (TPE), pour un produit composé à 100 % de matières recyclées Ecomaison. Un partenaire de choix ! »
Laure Bisson, Responsable Pôle Innovation Matériaux et Substances
L’incorporation de matières recyclés avec Ecomaison
Grâce à une chaîne opérationnelle performante, nous garantissons un accès privilégié à des matières recyclées de qualité. Nous aidons nos adhérents à optimiser leur stratégie d’approvisionnement et à valoriser ces ressources via les éco-modulations.
