Professionnels Passeport numérique des produits (DPP) : un nouvel outil pour la circularité

Passeport numérique des produits (DPP) : un nouvel outil pour la circularité

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Le règlement européen sur l’écoconception des produits durables introduit progressivement le passeport numérique des produits, ou Digital Product Passport (DPP). Cette future mémoire numérique doit permettre de partager des informations fiables tout au long du cycle de vie des produits. Alors que ses modalités d’application sont encore en cours de définition, Ecomaison décrypte ce nouvel outil et prépare son écosystème à son déploiement.

  • Le DPP rassemblera des informations sur la composition, la fabrication, les caractéristiques et la fin de vie des produits.
  • Son déploiement sera progressif et précisera, pour chaque catégorie de produits, les données attendues et les conditions d’accès.
  • Ecomaison souhaite faire de cette nouvelle obligation un outil utile à l’éco-conception, à la réparation, au réemploi et au recyclage.

Qu’est-ce que le Digital Product Passport ?

Le passeport numérique des produits s’apparente à une carte d’identité numérique. Selon les catégories concernées, il sera associé à chaque produit.

Il rassemblera non seulement des données propres au modèle du produit : matériaux et substances utilisés, fabrication, caractéristiques techniques, informations de conformité, renseignements utiles à la réparation et au traitement en fin de vie mais aussi liées aux évènements tout au long de la vie de chaque produit individuel : date de fabrication, date de vente, éventuelles réparations, réemploi, etc… Le contenu précis sera défini par les textes d’application propres à chaque catégorie de produits.

Ces informations seront accessibles au moyen d’un support d’identification placé sur le produit, son emballage ou un document d’accompagnement. Il prendra probablement la forme d’un QR code.

Le DPP accompagnera ainsi chaque produit tout au long de son cycle de vie. En facilitant la transmission et la mise à jour des informations utiles, il pourra contribuer à améliorer sa traçabilité et sa circularité.

Un cadre commun à l’échelle européenne

Le DPP est introduit par le règlement européen sur l’écoconception des produits durables, appelé ESPR. Entré en vigueur en juillet 2024, ce règlement établit un cadre commun pour améliorer la durabilité et la circularité des produits mis sur le marché européen.

Le passeport numérique poursuit plusieurs objectifs : harmoniser les pratiques, améliorer la traçabilité, faciliter les contrôles de conformité et permettre aux acteurs d’accéder aux informations dont ils ont besoin.
Le système devra être interopérable à l’échelle européenne. Les données resteront accessibles selon des droits différenciés, adaptés au profil des utilisateurs et à l’usage prévu.

Laure Bisson engagée dans l’économie circulaire chez Ecomaison

« Le DPP symbolise la volonté d’utiliser un même outil sur le territoire européen, afin d’aligner les pratiques et de faciliter le transfert d’informations entre les différents maillons de la chaîne de valeur », explique Laure Bisson, responsable du pôle Innovation Matériaux et Substances chez Ecomaison.

Faire circuler l’information tout au long du cycle de vie

De sa fabrication à sa fin de vie, un produit peut connaître de nombreuses transformations. Chaque acteur a besoin d’informations spécifiques pour intervenir efficacement.

Un réparateur pourra, par exemple, rechercher les caractéristiques d’une pièce. Un acteur du réemploi aura besoin de connaître l’historique ou l’état du produit. Un recycleur devra pouvoir identifier les matériaux et les substances présents afin de choisir le traitement adapté.

Le DPP a donc vocation à faire circuler l’information entre les producteurs de matières, les fabricants, les distributeurs, les utilisateurs, les réparateurs, les acteurs du réemploi et les recycleurs. Certaines données pourront également être accessibles aux consommateurs et aux autorités chargées des contrôles.

Son déploiement sera progressif. Des actes délégués — les textes d’application adoptés par catégorie de produits — préciseront notamment :

  • les produits concernés et le calendrier d’application ;
  • les informations à intégrer ;
  • le niveau d’identification retenu : modèle, lot ou produit individuel ;
  • les responsabilités de chaque acteur ;
  • les modalités de stockage, de mise à jour et d’accès aux données.

Transformer une obligation réglementaire en outil utile

Présent aux différentes étapes du cycle de vie des produits, Ecomaison dispose de connaissances sur les produits, les matériaux, les filières de réparation, de réemploi et de recyclage.

Cette expertise pourra contribuer à enrichir les données utiles du DPP et à faciliter leur utilisation par les différents acteurs. L’enjeu sera notamment de mieux orienter les produits en fin d’usage vers la réparation, le réemploi ou la filière de recyclage adaptée.

Pour devenir un véritable outil de coopération, le DPP devra reposer sur des informations fiables, accessibles et réellement utiles. Il faudra également définir clairement qui crée, vérifie et actualise chaque donnée.

« Certes, le DPP représente une contrainte, mais il pourrait favoriser l’amélioration de la circularité des produits et même réduire leurs impacts environnementaux », souligne Benoît Godon, responsable Écoconception et Durabilité chez Ecomaison.

Ecomaison prépare son écosystème

Afin d’anticiper le déploiement du passeport numérique des produits, Ecomaison propose aux membres du Club Stratégie Circulaire de participer à des groupes de travail à partir de la rentrée 2026.

Ces échanges permettront d’identifier les besoins des entreprises, de partager les premières expérimentations et de réfléchir collectivement aux usages potentiels de ce DPP au-delà de la simple collecte de données. L’objectif : ne pas subir cette nouvelle obligation, mais en faire un levier au service de la circularité des produits.