Professionnels La seconde vie des déchets plastiques avec Boudi, une entreprise innovante et inclusive

La seconde vie des déchets plastiques avec Boudi, une entreprise innovante et inclusive

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Animé par la volonté de lier innovation, inclusivité et économie circulaire, Jean Sauttreau a créé l’entreprise Boudi. À partir de déchets plastiques, son équipe, composée majoritairement de personnes en situation de handicap, fabrique et découpe des panneaux avec un procédé de thermocompression développé en interne. Une innovation qui doit beaucoup au soutien d’Ecomaison, de même que les prometteuses perspectives de développement de l’entreprise.  

Pouvez-vous nous présenter Boudi ?

Jean Sauttreau : Boudi est une entreprise de l’économie sociale et solidaire, fondée en janvier 2023. Nous recyclons des déchets plastiques post-consommation via des innovations en mode économie circulaire et nous favorisons l’insertion de personnes en situation de handicap sur des métiers techniques à valeur ajoutée. Aujourd’hui, nous sommes une TPE innovante de 5 personnes, dont 3 en situation de handicap qui travaillent en production. J’ajouterais que le nom, Boudi, vient d’une expression locale territoriale, qui évoque le juron « Bon Dieu », émis en cas de surprise, d’admiration ou de lassitude.

  • Création : janvier 2023
  • Activité : Boudi SAS, entreprise adaptée et innovante de l’ESS en Cévennes
  • Localisation : 100 Chemin de Panissière 30340 ROUSSON
  • Effectif : 5 personnes (3 à la production, une assistante et le président)
  • Partenaires : Ecomaison, IMT Mines Alès, CREALIA Occitanie, Alès Agglomération, ADEME
  • Cœur de métier : fabrication et découpe de panneaux à partir de plastique recyclé

Comment collaborez-vous avec Ecomaison ?

Jean Sauttreau   : Nous avons deux partenariats. Le premier repose sur un soutien financier conséquent d’Ecomaison, qui prend en charge une partie des coûts liés à nos travaux d’innovation. Le deuxième, tout aussi important, consiste à sécuriser nos sources de matières premières recyclées. Une condition indispensable pour poursuivre notre activité et nos efforts de recherche. D’ores et déjà, honnêtement, sans le soutien d’Ecomaison, nous n’en serions pas là !

Que fabriquez-vous à partir de plastique post-consommation ? 

Jean Sauttreau : Nous récupérons des déchets plastiques auprès d’un recycleur, sous forme de broyé. Notre énorme presse (plus de 3 m x 1,30m) chauffe et applique une pression très forte sur ce matériau, à la manière d’une machine à paninis. Nous fabriquons des panneaux de différentes épaisseur, de 1 à 15 millimètres, vendus en brut ou découpés et assemblés. L’intérêt du propylène c’est sa résistance à l’abrasion et ses bonnes performances mécaniques. Nous avons commencé par fabriquer des coffrages pour le bâtiment. Puis notre matériau a suscité l’intérêt d’autres secteurs d’activité, aussi nous avons été amenés à réaliser des panneaux pour de la signalétique, des clôtures de chantier, des flight cases (grosses caisses à roulettes) pour l’événementiel, des présentoirs pour la grande distribution, … À la faveur des demandes des clients, nous étoffons notre gamme en permanence. 

À cet effet, la sécurisation de vos approvisionnements constitue une condition cruciale ?

Jean Sauttreau : Oui, c’est d’ailleurs l’objet de notre second contrat avec Ecomaison. Il porte sur l’approvisionnement de matières premières recyclées auprès de ses partenaires. Ces centres de recyclage disposent ainsi, d’un exutoire supplémentaire. Et de notre côté, nous sommes assurés de disposer de sources durant les cinq prochaines années, en termes de volume, de prix et de qualité. Le soutien d’Ecomaison est à la fois déterminant et structurant. Il nous aide à inscrire notre démarche dans une vision à long terme. Ce partenariat rassure nos clients, et il nous permet de plus, de rejoindre un écosystème d’industriels et de structures impliquées dans des démarches de recyclage et de valorisation de leurs déchets de production ou de consommation.

À quels défis techniques êtes-vous confronté dans votre démarche ?

Jean Sauttreau : Nous voulons produire un matériau non seulement réutilisable, mais aussi usinable et de nouveau recyclable. C’est donc un défi que nous avons relevé au cours de nos recherches, pour être en boucle circulaire fermée. Par ailleurs, les matières plastiques, en fonction de l’usage, incorporent d’autres éléments comme du talc ou des fibres. Ces produits qu’on appelle des charges modifient les caractéristiques physico-chimiques des matériaux plastiques. Nous avons donc élaboré un modèle suffisamment robuste pour fonctionner avec tous ces produits. À chaque nouveau gisement, nous menons des tests sur la composition afin de caler la pression, la température et la durée de la presse, pour garantir une production constante pendant une certaine durée.

Quels sont vos projets à court et long terme ?

Jean Sauttreau : Au vu des investissements dans l’outil de production, notre priorité, c’est de développer le commerce et les applications, en sécurisant notre portefeuille de clients pour 2026. Améliorer notre productivité permettra aussi à plus de personnes en situation de handicap de nous rejoindre.

    • 200
    • tonnes

    de plastique par an recyclés d’ici 2 ou 3 ans

    • 11

    salariés d’ici 3 ans

    • 75
    • %

    de personnes en situation de handicap