L’écoconception chez DEYA prend une nouvelle dimension avec l’accompagnement d’Ecomaison. Spécialisé dans les blocs-portes, les huisseries et les solutions de rangement fabriqués en France, le groupe industriel structure sa démarche environnementale autour de son Plan de prévention et d’écoconception (PPE)*. Jérôme David, directeur Marketing et R&D, revient sur les actions engagées et les prochaines étapes.
L’essentiel
- DEYA structure sa démarche d’écoconception avec Ecomaison.
- Le PPE guide la feuille de route environnementale du groupe.
- Matières recyclées, séparabilité et éco-modulations sont au cœur des travaux.
- À partir de 2027, DEYA renforcera l’intégration de l’économie circulaire dans ses produits.
*Le Plan de prévention et d’écoconception (PPE) permet à une entreprise de formaliser les actions destinées à réduire l’impact environnemental de ses produits.
Pouvez-vous nous présenter le Groupe DEYA et ses différents métiers ?

Le Groupe DEYA est un groupe industriel familial français spécialisé dans le second œuvre du bâtiment. DEYA fabrique des blocs-portes en bois et en métal, des huisseries métalliques, des châssis pour portes coulissantes à galandage et des plateaux d’échafaudage. KAZED est spécialisée dans les portes de placard, les dressings et les solutions de rangement.
Le groupe compte quatre unités de production en France : à Argentat pour les portes en bois, à Romilly-sur-Seine pour les portes métalliques et deux à La Crèche, l’une consacrée aux huisseries métalliques, aux châssis à galandage et aux plateaux d’échafaudage, l’autre aux produits KAZED.
DEYA travaille exclusivement en BtoB, pour le tertiaire comme pour le logement, dans le neuf et la rénovation.
Comment DEYA a-t-il engagé sa démarche d’écoconception ?
La fabrication française fait partie de l’histoire du groupe. Nous fabriquons sur nos sites français et privilégions les approvisionnements nationaux chaque fois que possible.
Notre démarche environnementale s’est structurée plus récemment, notamment sous l’impulsion de clients comme Leroy Merlin. Le travail engagé sur les châssis à galandage nous a permis d’acculturer nos équipes, puis d’étendre cette démarche à d’autres produits.
Les fiches de déclaration environnementale et sanitaire, les FDES, ont également marqué une étape importante. Elles nous ont aidés à mieux comprendre le cycle de vie de nos produits et à identifier les principaux leviers d’action. Depuis 2020, cette réflexion s’est élargie avec le déploiement de la RSE suivi par la réalisation de bilans carbone à l’échelle du groupe.
Comment Ecomaison accompagne-t-il DEYA dans son PPE ?
Nous avions déjà travaillé sur un PPE de filière au sein de l’Association technique des fabricants de blocs-portes techniques. Mais au moment de rédiger notre propre plan, plusieurs questions se sont posées : quel est son lien avec la réglementation ? Qu’est-ce qui est obligatoire ? Comment passer du cadre général à des actions concrètes ?
J’ai alors contacté Benoît Godon, Responsable Éco-conception et Durabilité chez Ecomaison. Notre demande a coïncidé avec la réflexion de l’éco-organisme sur un accompagnement destiné à ses adhérents. Nous avons co-construit pendant plusieurs mois trois journées de sensibilisation, avec Ecomaison et Benoît Godon. L’intervention d’experts extérieurs a donné davantage de force et de lisibilité à la démarche. Ce travail va maintenant enrichir notre feuille de route de développement produit pour les prochaines années.
Au-delà du PPE, sur quels autres sujets êtes-vous accompagné par Ecomaison ?
Nous échangeons avec Arthur Jacquin, Responsable Grands Comptes ameublement, sur les éco-modulations, la codification des produits et les primes à l’incorporation de matières recyclées. Les Innovation Days jouent aussi un rôle important. Je n’imaginais pas, à l’origine, qu’un éco-organisme puisse intervenir aussi largement, en soutien à l’innovation. Les retours d’expérience d’industriels sont particulièrement enrichissants : même lorsqu’ils portent sur d’autres matériaux que les nôtres, ils montrent comment les entreprises se sont organisées et ont intégré des matières recyclées à leurs produits.


Qu’avez-vous retenu de la visite du centre de tri Veolia de Migné-Auxances ?
Cette visite a eu un impact plus fort que nous ne l’imaginions. Nous avons vu comment les produits sont réellement manipulés et compris ce qui peut être séparé — ou non — dans les conditions opérationnelles actuelles. Cette immersion nous a permis de mesurer les conséquences de nos choix de conception et de mieux comprendre le fonctionnement des filières de tri et de recyclage. Elle a également sensibilisé les collaborateurs aux volumes collectés et à ce qui ne dispose pas encore de solution de recyclage.
DEYA est actionnaire d’Ecomaison et participe à la gouvernance de la filière PMCB. Que représente cette implication ?
Cet engagement remonte à l’origine de notre relation avec Ecomaison. Depuis juin 2026, je représente également DEYA au comité de secteur de la filière PMCB.
Cette participation nous donne une vision plus large de la responsabilité élargie du producteur, du rôle et des enjeux des éco-organismes et de leurs relations avec les pouvoirs publics. Elle nous permet de contribuer aux échanges et d’anticiper les évolutions qui auront un impact sur notre activité. À partir de 2027, nous déploierons un plan d’action intégrant davantage les matières recyclées et recyclables, la séparabilité des matériaux et les enseignements issus du PPE.
